Réseau Social Rue Hôpital

Lyon et alentours · à l'usage des professionnels

Petit guide de l'addictologie

Pour les professionnels de l'accueil, de l'hébergement, de l'insertion et du logement.   Une situation, un conseil et les structures vers qui orienter.

Que faire si… ? Annuaire des structures

Sommaire thématique

Que faire si… ?

Des situations types rencontrées dans votre activité, et des possibilités de conduite à tenir. Cliquez sur une situation pour déplier le conseil. Rien ne remplace votre travail de mise en lien avec la personne et les professionnels du secteur.

a J'apprends par hasard qu'une personne de mon service consomme une ou des substances psychoactives. +
Toute consommation de substance psychoactive n'est pas un problème. Vous pouvez aller lui en parler pour évaluer si la situation lui pose des problèmes et lui faire savoir que vous êtes en mesure de l'accompagner/l'orienter en cas de besoin.
b Une personne souhaite obtenir des informations sur les addictions. +
Si la personne a moins de 25 ans, je peux l'orienter vers une CJC. Pour les consommations de produits illégaux, vous pouvez l'orienter vers un CAARUD. Pour le reste, vous pouvez l'orienter vers un CSAPA. De manière générale, cette personne pourra trouver des informations auprès de Drogues Info Service.
c Une personne vient me voir car une addiction lui pose des problèmes dans son quotidien. +
C'est l'occasion d'entamer avec elle une réflexion sur ses consommations. La personne peut éventuellement se faire accompagner de son médecin traitant ou se tourner vers un dispositif spécialisé : si elle a moins de 25 ans, vers une CJC. Pour les personnes plus âgées, soit un CSAPA, soit un CAARUD dans le cas d'addiction à des produits illicites. Dans les deux cas, vous pouvez vous mettre en contact avec les professionnels de ces structures pour envisager un travail commun.
d Une personne vient me voir car elle souhaite arrêter une pratique addictive. +
Si la personne semble désireuse d'arrêter un produit, qu'il soit licite ou non, on peut directement l'orienter vers des professionnels capables d'accompagner un projet de sevrage : un CSAPA, une consultation ambulatoire d'addictologie ou un hôpital de jour en addictologie. Vous pouvez, avec l'accord de la personne, vous mettre en contact avec les professionnels de ces structures pour envisager un accompagnement commun.
e Une personne aborde la question de ses problèmes avec une pratique addictive lors d'une conversation sur un autre sujet. +
Arrêter une consommation nécessite beaucoup de motivation. Si la personne vous en parle d'elle-même, c'est un bon début. Préférez une approche poisitive qui partent de ses motivations. Si elle le souhaite, vous pouvez l'orienter vers des professionnels qui l'accompagneront dans cette première étape. Elle peut se tourner vers son médecin traitant, ou — si elle a moins de 25 ans — vers une CJC. Si la consommation concerne des produits illicites, elle peut aussi rencontrer les équipes d'un CAARUD. Pour les personnes très éloignées du soin, il est possible de voir avec l'EMAP.
f Une personne qui suit un traitement médicamenteux explique qu'elle dépasse régulièrement la prescription. +
Inviter la personne à en parler avec son médecin prescripteur, éventuellement se mettre en lien avec lui (avec l'accord de la personne). Les équipes des différents CSAPA peuvent aussi être compétentes sur cette question. Il existe à Lyon une structure spécialisée, le CERLAM, qui pourrait être envisagée avec l'équipe médicale dans les cas les plus complexes.
g Une personne arrive régulièrement sous l'emprise d'une substance lors de nos rendez-vous, les empêchant de se dérouler correctement. +
Il faut séparer la question "disciplinaire" de la question du soin. Si un recadrage doit être fait, il peut être plus judicieux de le faire sur les comportements problématiques engendrés par la consommation que sur la consommation en elle-même. Si vous constatez des mises en danger, cela peut être l'occasion d'inviter la personne à se rendre dans un CAARUD ou, à défaut, d'en parler avec son médecin traitant. Pour les personnes très éloignées du soin, il est éventuellement possible de voir avec l'EMAP.
h Une personne montre des signes de mise en danger corporelle : traces d'injections, hématomes… +
Ce n'est pas forcément le bon angle pour commencer à parler des consommations, mais c'est l'occasion de développer la confiance entre vous. Vous pouvez montrer que vous vous inquiétez des dommages créés par la consommation et conseiller à la personne de rencontrer des spécialistes de la réduction des risques et des dommages (RDR). Les équipes des CAARUD peuvent accompagner la mise en place de pratiques de consommation moins risquées. Vous pouvez aussi faire appel à l'EMAP pour vous aider.
i Une personne enfreint régulièrement le règlement de la structure suite à des consommations importantes. +
Il faut séparer la question "disciplinaire" de la question du soin. Si un recadrage doit être fait, il peut être plus judicieux de le faire sur les comportements problématiques engendrés par la consommation que sur la consommation en elle-même. C'est l'occasion d'accompagner la personne dans la prise de conscience de la situation problématique posée par ses consommations. Une fois ce stade atteint, se référer au cas c). Vous pouvez aussi faire appel à l'EMAP pour vous aider.
j Une personne avec une problématique addictive va être hospitalisée prochainement. +
Vous pouvez, en accord avec la personne, contacter l'équipe ELSA de l'hôpital dans lequel elle sera hospitalisée. Ce sera l'occasion de préparer avec elle son entrée à l'hôpital. Il faut au moins s'assurer avec la personne qu'elle a bien informé et l'anesthésiste.
k Une personne avec une problématique addictive va être incarcérée. +
Vous pouvez, avec l'accord de la personne, vous mettre en lien avec le CSAPA de sa prison d'arrivée. Ce sera l'occasion de préparer avec elle son entrée en détention avec l'équipe du CSAPA pénitentiaire.
l Une personne est diagnostiquée d'une pathologie somatique nécessitant le sevrage d'une de ses consommations. +
Vous pouvez orienter la personne vers son médecin traitant en attendant un rendez-vous dans un CSAPA. Assurez-vous aussi que cette problématique a été évoquée avec le médecin spécialiste et qu'il a fourni un courrier pour adresser son patient à ses collègues.
m Une personne présente une addiction qui semble impacter l'accompagnement mais ne souhaite pas en parler. +
Je peux lui proposer d'en parler avec d'autres professionnels, ou proposer des temps collectifs autour des addictions, de manière à aborder la situation par des moyens détournés sans stigmatiser personne. Quoi qu'il en soit, je peux évoquer la question avec l'EMAP.
n Une personne consommant beaucoup d'alcool ou de benzodiazépines présente des signes de sevrage (tremblements, fièvre, palpitations…) après avoir cessé sa consommation. +

⚠ Urgence médicale

Les signes les plus évidents : tremblements (notamment des membres supérieurs), transpiration, sensibilité au bruit et à la lumière, voire — dans les cas les plus aigus — hallucinations. Pour plus d'informations sur le syndrome de sevrage, voir ici. J'appelle les services de secours (15 ou 112) et je les préviens qu'une personne présente des signes pouvant évoquer un syndrome de sevrage aigu.

o Une personne souhaite arrêter de fumer. +
Je l'oriente vers son médecin traitant pour un accompagnement et la mise en place d'un traitement de substitution. Les équipes du CDHS peuvent aussi l'accompagner. Depuis le 01 janvier 2016, les infirmiers, les masseurs kinésithérapeutes, les sages-femmes, les chirurgiens-dentistes et les médecins du travail peuvent prescrire des substituts nicotiniques.
p J'apprends qu'une personne que j'accompagne débute une grossesse. +
Il peut être temps d'évoquer avec elle le fait que toute consommation régulière de substance psychoactive présente des risques pour la grossesse et qu'elle peut en parler au personnel médical qui suit sa grossesse pour être orientée. Le CSAPA de la croix-rousse à une consultation Grossesse

DISPOSITIFS EN ADDICTOLOGIE

Annuaire des structures

Pour chaque structure : le nom, l'adresse, et un lien vers son site pour toutes les informations concrètes (horaires, contact, modalités d'accueil).